Comment le design biophilique renforce le sentiment d’appartenance à une communauté

Quel est le point commun entre une soupe de légumes, des plantes et un feu de camp ? Et bien, ils peuvent tous contribuer à ce que les gens se sentent plus liés les uns aux autres. Selon l’architecte britannique Oliver Heath, toute organisation devrait renforcer ce sentiment d’appartenance à une communauté. Cet expert du design biophilique a écrit un guide de design dans ce but : Créer des Positive Spaces en concevant pour la communauté.

Les trois types de communautés

Selon Oliver Heath, il existe trois types de communautés. « Les communautés relationnelles sont les liens sociaux entre les personnes au sein d’une organisation ou d’une équipe, mais aussi dans les cercles de relations. Il existe aussi des communautés géographiques : il s’agit du lien physique entre les personnes dans un pays, une ville, un quartier ou un bâtiment. Pour finir, on distingue des communautés écologiques : il s’agit du lien environnemental entre les personnes, les lieux et la nature, par exemple dans un parc où les gens se réunissent. Avec le design biophilique, vous pouvez avoir un impact positif sur toutes ces communautés. »

Oliver Heath souligne que toute organisation a intérêt à renforcer ces liens. « Pour la plupart des entreprises, le personnel représente de loin le principal poste de coût. Toute mesure permettant d’obtenir davantage de ses collaborateurs est de toute évidence valable. Il convient également de prendre en compte le fait que 70 % de notre communication est non verbale. Dans un monde où la communication passe de plus en plus souvent par le numérique, on risque de perdre des signaux importants en ce qu’ils favorisent la confiance, la chaleur, l’attention et l’affection. La technologie numérique peut ainsi constituer un obstacle qui entrave le partage de connaissances et une communication positive. »

Réunir les gens

Les entreprises ont donc tout intérêt à stimuler les interactions personnelles entre les employés. « Les études indiquent que les organisations ayant un plus grand capital social et un plus vaste réseau de relations conservent plus facilement leurs collaborateurs et réussissent mieux sur le plan économique, ajoute Oliver Heath. La communication numérique est parfois très pratique, mais la communication en face-à-face demeure essentielle. Les individus ont besoin les uns des autres. Les entreprises qui encouragent les échanges et les réunions spontanées sur le lieu de travail en tirent toutes sortes de bénéfices. »

Oliver Heath évoque par exemple le déménagement dans quatre nouveaux bureaux des 1 200 employés de Microsoft qui étaient auparavant dispersés dans cinq bâtiments. La distance et le temps de trajet entre les bâtiments ont été raccourcis. Les gens sont maintenant plus près les uns des autres. Cela a un effet positif sur la collaboration et permet des économies annuelles estimées à 520 000 $. Le déménagement a également eu pour résultat une augmentation du nombre de réunions hebdomadaires (passées de 14 à 18). Ce qui en l’occurrence est un bon signe, car il y a eu plus de fertilisation croisée entre les services qui, auparavant, travaillaient rarement ensemble.

Philips HQ – Hamburg, Germany

Siège social de Philips, Hambourg, Allemagne.

La soupe et les plantes

Les grandes entreprises technologiques comme Microsoft, Google et Apple ont déjà pris conscience du pouvoir du design biophilique. Leurs bureaux sont généralement un festin pour les sens ; ils sont remplis d’éléments naturels ainsi que d’espaces de travail et de réunion agréables. Ce sont des bureaux qui nécessitent clairement un gros investissement. L’objectif de ce Guide de conception est cependant d’être une source d’inspiration pour toutes les organisations, quel que soit le nombre de collaborateurs ou le budget disponible. « En prenant des mesures simples, vous pouvez déjà contribuer à créer un état d’esprit plus positif chez vos employés », selon Heath.

L’expert donne l’exemple de sa propre agence de design. « J’ai récemment acheté un blender chauffant. La soupe est fantastique. Tous les jours, nous découpons des légumes. De sorte que pour le déjeuner, nous avons un bol de soupe fumante qui sent délicieusement bon. C’est non seulement sain, bon et économique, mais cela nous permet aussi de passer un moment ensemble à table. Nous échangeons des idées sur les nouveaux projets. La soupe est une occasion de se réunir et renforce notre lien. C’est fantastique comparé à avant, où chacun prévoyait son propre repas ou déjeunait à son bureau. »

Le designer nous donne un autre exemple tiré de sa propre expérience. « Nous nous occupons collectivement d’une quarantaine de plantes. Notre bureau est toujours différent grâce à elles. Elles poussent, réagissent à la lumière du soleil et suivent le mouvement du vent. Les plantes ont besoin d’eau et d’entretien, de sorte que les employés se sentent vraiment impliqués. Quand des gens viennent nous rendre visite, ils sont ravis de voir toute cette végétation. L’important, ce ne sont pas tant les plantes à proprement parler, mais la dynamique de l’endroit. Vous pouvez aussi, par exemple, utiliser des matériaux qui changent d’aspect au fil du temps. »

Les sept principes fondateurs

Dans le guide, Oliver Heath décrit sept principes fondateur du design biophilique qui renforcent le sentiment d’appartenance à une communauté : diversité, création de zones, frontières douces, espaces partagés, espaces flexibles, espaces sensoriels et triangulation. « La diversité, par exemple, consiste à avoir des endroits qui répondent aux différents besoins physiques et psychiques des employés. Et la création de zones peut se faire en privilégiant les frontières douces entre les espaces grâce à des dalles de moquette qui permettent d’assurer une transition fluide d’un espace à l’autre. Il n’y a plus une frontière dure qui distingue votre espace du mien. »

Le principe le plus intéressant est peut-être la triangulation. « Cette forme du design biophilique consiste à réunir les personnes grâce à des expériences partagées, explique Heath. Imaginez que vous êtes assis(e) autour d’un feu de camp avec des amis. Vous regardez les flammes, vous vous sentez bien, au chaud et détendu(e). Le feu de camp modifie votre état physique et mental. La triangulation favorise cet effet dans l’environnement construit, par exemple en utilisant la technologie, l’art cinétique ou des éléments naturels. Quelque chose de beau que les gens peuvent regarder ensemble. »

Friends of the Earth

Dans les bureaux de l’ONG Friends of the Earth

La neige, source d’inspiration

Partager une expérience vous donne le sentiment de faire partie d’un ensemble plus vaste. Et c’est une expérience de ce type qui a précisément inspiré ce guide, souligne Oliver Heath. « Un jour, il a neigé, c’était la première fois depuis un an. Vous sortez et tout a changé. Tous vos sens sont en éveil. Cette première chute de neige est une expérience merveilleuse pour les gens de tous les âges. Ils interagissent de manière un peu différente. Il se peut, par exemple, que vous discutiez avec le voisin. Grâce au design biophilique, axé sur les personnes, vous pouvez favoriser ces moments de partage au sein d’un bâtiment. »

L’architecte conclut l’entretien par un discours passionné. « Les gens se sentent tellement mieux dans un environnement agréable qui encourage les interactions. Des études ont été réalisées à Harvard pour comprendre quelle est la clé du bonheur. La principale conclusion est l’importance cruciale de liens sociaux forts. Un espace de travail n’est pas une enfilade de bureaux, ni un lieu où les gens travaillent le plus dur possible. Les organisations devraient prendre en compte la vie des employés dans son ensemble, voir comment le travail s’inscrit dans cet ensemble, et ce qu’elles peuvent faire pour s’assurer que tout le monde est heureux. La nature est un instrument fantastique à cet égard. »

Vous voulez en savoir plus ? Téléchargez le guide d’Oliver Heath : Créer des Positive Spaces en concevant pour la communauté.

 

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