Passer à la vitesse supérieure

« Êtes-vous vraiment un fabricant de tapis? m’a demandé la planificatrice en chef de la Ville de Toronto, Jennifer Keesmaat. C’est que je suis très inspirée par ce que vous faites et que je ne m’attendais pas à ce genre de découverte cet après-midi. »

Ce n’est qu’un des commentaires que j’ai entendus pendant une rencontre organisée par Interface et la David Suzuki Foundation à Toronto, où étaient conviés un groupe de dirigeants respectés de nombreux secteurs, dont l’immobilier commercial, l’énergie, la technologie, la banque, le bâtiment et la construction.

Aborder le changement climatique

Nous voulions animer la discussion avec ces dirigeants pour trouver de nouvelles idées et les mettre au défi de pousser plus loin leurs ambitions en matière de changements climatiques. À l’aube de notre mission Climate Take Back, nous cherchons à nous associer avec d’autres organisations avant-gardistes, influentes et dignes de confiance pour poursuivre notre réflexion sur le carbone.

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Défenseur de longue date de l’environnement et généticien renommé partout dans le monde, David Suzuki a ouvert l’assemblée par ses réflexions sur quelques-unes des premières recherches scientifiques et ses propres prédictions concernant le réchauffement climatique dans les années 1970 et 1980. Il a déploré la lenteur néfaste avec laquelle nous abordons le plus grand défi de l’humanité alors que le gaz carbonique atteint constamment de nouveaux sommets. Il a souligné que les gouvernements n’ont pas l’habitude d’être des pionniers du changement et que le secteur privé a une occasion de se servir de son influence et d’innover.

« Il faut passer à la vitesse supérieure! » a clamé l’environnementaliste dans son discours d’ouverture. Il a cité Ray Anderson pour ses qualités de visionnaire hors du commun qui a pleinement compris les liens réciproques de la vie sur terre et réorganisé son entreprise en conséquence. Sur une planète aux ressources limitées, la durabilité est une bonne décision d’affaires. Monsieur Suzuki a parlé de la vision initiale de Ray sur l’ascension du « mont Durabilité » pour éliminer notre empreinte écologique et de l’actualité de cet objectif pour le secteur privé.

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C’était très intéressant d’avoir la chance de se pencher sur notre cheminement en présence d’un ambassadeur de la cause environnementale attentionné et emblématique tel monsieur Suzuki, un allié d’Interface depuis longtemps. À l’âge de 81 ans, il demeure l’un des défenseurs de la durabilité les plus inlassables et perspicaces au monde.

Les membres de l’auditoire lui ont demandé son point de vue sur la conjoncture politique et ses effets sur les progrès nécessaires. Monsieur Suzuki a répondu qu’il refusait de désespérer et a qualifié l’annonce par le président Trump du retrait des États-Unis de l’Accord de Paris sur le climat de « cadeau au reste du monde ». L’intensification des efforts dans le monde entier, y compris chez les gouvernements et les dirigeants d’entreprise qui tentent de conclure de nouvelles alliances, nourrit de grands espoirs.

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À la suite de l’introduction de monsieur Suzuki, madame Keesmaat, a insisté avec passion sur le fait que l’aménagement urbain est essentiel à l’avenir du climat. Il faut entre autres résoudre les contradictions entre les désirs et les besoins réels. Elle a attiré notre attention sur l’importance de la décroissance, établissant un parallèle avec la ville de New York, où les résidents sont parmi les citadins ayant la plus faible empreinte écologique en Amérique du Nord.

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J’ai ensuite eu l’honneur de participer à une discussion entre experts avec madame Keesmaat et Lisa Bate, gourou du bâtiment vert et directrice chez B+H Architects, où il y a eu échange de points de vue de l’industrie et de la communauté du bâtiment. Comment aller au-delà d’un bilan carbone nul? Il faut d’abord croire que c’est possible. Le groupe a reconnu que ce peut être difficile lorsque les médias ne cessent de relayer des informations pessimistes, et il a examiné le besoin de réorienter le dialogue. Nous avons une chance de bâtir l’avenir que nous voulons, mais il faut commencer par le définir. Pour créer un climat propice à la vie, conduire la transition énergétique ne suffit pas. Le moment est venu d’élargir notre compréhension de l’enjeu du carbone et de faire de ce fardeau une ressource.

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En plus d’approuver notre plan Climate Take Back et notre prototype de carreau de tapis Proof Positive, le groupe d’experts a discuté d’autres exemples de solutions existantes, dont des innovations canadiennes comme Carbon Cure. Cette technologie recycle le dioxyde de carbone des déchets de combustion et en fait des produits bétonniers plus verts et plus abordables.

Le fait saillant de la rencontre selon moi, c’est lorsque monsieur Suzuki a relaté ce qu’avaient répondu les chefs de file de la durabilité climatique dans le sondage que nous leur avons adressé dernièrement : le statu quo est un obstacle à la création d’un climat propice à la vie. Il existe des solutions et elles commencent à s’imposer, préparant une nouvelle vague d’optimisme climatique. Passons à la vitesse supérieure!

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